Maher Kassab
Prise en charge de la myopie infantile : des disparités entre professionnels de santé
- mardi, 05 mai 2026
Depuis plus de vingt-cinq ans, les ophtalmologistes participent à nos études - et je les en remercie d’ailleurs vivement - sur bien des sujets de santé visuelle. Leur engagement constant à répondre à nos enquêtes a largement contribué à faire progresser, notamment, la compréhension de la prise en charge de la myopie évolutive. Comme je l’ai déjà évoqué dans plusieurs publications, je considère que la prise en charge de la myopie évolutive chez l’enfant constitue une véritable révolution dans la filière de l’optique. Cette avancée repose à la fois sur l’innovation des industriels — notamment à travers le développement de verres et de solutions thérapeutiques spécifiques — mais aussi sur la mobilisation croissante des ophtalmologistes en France. La démocratisation de ces nouveaux dispositifs repose évidemment en grande partie sur le niveau de leur prescription.
Si nous disposons aujourd’hui d’un ensemble de solutions capables, à terme, de répondre à ce qui s’apparente de plus en plus à une épidémie mondiale de myopie, nos études mettent toutefois en lumière une réalité d’appropriation plus nuancée sur le terrain. En effet, les pratiques restent encore très hétérogènes, tant chez les ophtalmologistes que chez les opticiens. Du côté des ophtalmologistes, environ un tiers d’entre eux proposent des solutions de freination de la myopie à moins d’un tiers seulement de leurs jeunes patients concernés. Chez les opticiens, on observe également des niveaux d’engagement très variables, certains étant fortement impliqués dans ces nouvelles approches, tandis que d’autres restent encore en retrait. Cette disparité souligne un enjeu majeur : celui de renforcer la collaboration et l’accompagnement de l’ensemble des professionnels de santé visuelle. Il est essentiel de poursuivre collectivement, à l’échelle de la filière, les efforts de formation, de sensibilisation et de diffusion des bonnes pratiques afin d’assurer une prise en charge plus homogène et plus efficace de la myopie évolutive chez l’enfant.
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La publicité en optique doit surtout privilégier l’information et la prévention
- mercredi, 18 mars 2026
L’existence de la publicité sur les dispositifs optiques fait l’objet, on le sait, d’un débat non seulement au sein du secteur (avec les pour, les contre…) mais aussi et surtout du côté du législateur. J’aimerais revenir ici sur l’étude que nous avons récemment réalisée sur ce sujet*. Il s’agissait de savoir comment, concrètement, les consommateurs perçoivent cette publicité. Le résultat bat en brèche une idée reçue : non, la publicité n’est pas ressentie comme une incitation à l’achat, comme beaucoup semblent le croire, mais perçue avant tout comme un vecteur d’information. C’est en tout cas ce que nous disent les sondés : près de 9 consommateurs sur 10 reconnaissent le rôle-clé de l’opticien dans la prévention de la santé visuelle. Plus d’un sur deux a vu une communication d’opticien au cours de l’année écoulée.
Pour eux, la publicité est avant tout un moyen utile pour informer sur le suivi visuel, connaître les offres, rappeler les contrôles réguliers et comparer les garanties et prix. Ils retiennent d’abord cette dimension informative, au sens large. Et le côté impulsion d’achat ? Insistons bien sur ce point, 75 % affirment que ces communications n’influencent ni la fréquence de renouvellement de leurs lunettes ni la rapidité de leur visite en magasin. Avec ces données à l’appui, il apparaît donc clairement que l’enjeu pour les opticiens est de (re)centrer la publicité sur la prévention, les garanties, les innovations techniques et la transparence tarifaire, afin de renforcer la confiance et la fidélisation plutôt que de chercher l’impulsion d’achat, à laquelle les gens sont visiblement peu sensibles.
* Enquête pour le Rassemblement des opticiens de France. Questionnaire en ligne administré du 04/09/2025 au 18/09/2025 auprès d'un échantillon représentatif de la population française ; 3 001 consommateurs interrogés
"Un métier qui a du sens", ça veut dire quoi pour les futurs opticiens ?
- jeudi, 08 janvier 2026
La question de la quête de sens au travail se pose dans tous les secteurs d’activité. La profession d’opticien n’y échappe pas plus que les autres, et c’est pourquoi, dans notre baromètre annuel, nous avons interrogé pour la première fois les futurs diplômés en optique sur ce point. De toute évidence, au vu des réponses des 338 étudiants issus de différents cursus en optique (interrogés en octobre-novembre 2025), il faut que leur travail ait du sens pour qu’ils s’engagent pleinement dans leur métier au quotidien. Concrètement, comment les aspirations des nouvelles générations se traduisent-elles dans leur vie professionnelle ? Aux yeux des opticien.nes en devenir, plusieurs dimensions contribuent à faire de l’optique « un métier qui a du sens » :
- C’est un métier de soin / santé visuelle (pour 56 % des répondants)
- C’est un métier de savoir-faire / compétences techniques (52 %)
- C’est un métier qui place l’humain au cœur de l’activité (51 %)
- C’est un métier en constante évolution (ex : technologies, matériaux, tendances, techniques de vente...) (40 %)
- C’est un métier concret / utile, avec des résultats visibles (37 %)
Dans les opportunités professionnelles et les trajectoires d’évolution proposées aux diplômés en optique, il est donc essentiel pour les enseignes et les points de vente indépendants de se positionner sur ces différentes dimensions : c’est un prérequis pour répondre aux aspirations des diplômés et se mettre en capacité d’attirer et fidéliser les meilleurs talents.
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Marque employeur : l’engagement social et environnemental, un levier-clé pour attirer les futurs diplômés ?
- mardi, 18 novembre 2025
C’est un résultat fort de l’édition 2025 de notre baromètre auprès des futurs diplômés en optique : l’engagement social et environnemental des enseignes est un facteur d’attractivité pour y travailler. Cela est exprimé par plus de 4 étudiants interrogés sur 5*. En particulier, les futurs diplômés en optique se montrent sensibles aux dimensions suivantes de l’engagement des enseignes :
- L’accès aux soins pour tous / la santé visuelle des personnes en précarité (88 %)
- L’offre de produits Origine France Garantie (87 %)
- Le recyclage / la réparabilité / la seconde vie des lunettes (84 %)
- L’offre de produits éco-responsables / éco-conçus – en matières biosourcées, recyclées (78 %)
La « quête de sens » au travail est donc clairement de plus en plus forte chez les nouvelles générations. Dans ce contexte, se positionner et définir clairement les axes de son engagement social et environnemental est devenu un enjeu essentiel pour les enseignes ainsi que pour les points de vente indépendants, afin de se mettre en capacité d’attirer et fidéliser les meilleurs profils et talents. À charge pour les recruteurs de valoriser et faire connaître leurs engagements maison, par des actions de mise en visibilité et de communication auprès des étudiants (par exemple à travers des actions sur les campus, des événements à destination des étudiants ou encore une communication grand public et sur les réseaux ou au moment du process de recrutement...). Soulignons enfin, car c'est également décisif, que les « valeurs humaines du/des dirigeant(s) » constituent le critère auquel les futurs diplômés accordent le plus d’importance dans la perspective de rejoindre un magasin d’optique pour y commencer leur carrière...
* Baromètre auprès des étudiants en optique réalisé auprès de 338 étudiants issus de différents cursus en optique, interrogés en octobre-novembre 2025, sous la supervision de Céline Lobez, directrice Études.
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