Les pouvoirs publics ont présenté un projet d’arrêté qui pourrait acter la fin prochaine de toute publicité commerciale en optique mais aussi en audio. Si ce texte venait à être entériné, quelles seraient les conséquences éventuelles pour la filière ? 

Les pouvoirs publics s’apprêtent-ils à faire sauter le régime dérogatoire dont bénéficient les filières optique et audio en matière de publicité sur les dispositifs médicaux ? Un arrêté est bel et bien dans les tuyaux, a-t-on appris, à l’issue d’une réunion tendue qui s’est tenue vendredi au ministère de la Santé, en présence de différents représentants de la filière. Ce texte supprimant purement et simplement toute forme de publicité est écrit, mais pas encore signé. À ce stade, l’option prise par les pouvoirs publics n’est pas la régulation ou l’encadrement de la pub, mais l’interdiction complète. Qu’entend-t-on exactement par-là ? À date, les contours de cette suppression semblent concerner toute forme de publicité commerciale sur des médias à destination du grand public mais aussi, cela reste à confirmer, au sein du magasin lui-même. 

Dans ce contexte, les instances syndicales d’opticiens ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Heurté par la radicalité de l’arrêté envisagé, le Rassemblement des opticiens de France, syndicat majoritaire d’enseignes, prône la régulation, arguant du fait que la publicité ne pousse absolument pas à la surconsommation. « Vouloir rendre les opticiens invisibles en les privant de tous moyens de communication, notamment sur les innovations produits bénéfiques aux porteurs, n’est pas du tout une bonne solution », nous a confié ce jour Jean-François Porte, son président.

Quitte à hérisser le poil d’une partie de la profession, la position de la Fédération nationale des opticiens de France, diverge. Elle soutient l’abrogation du régime dérogatoire qui se profile, au motif que l’image de l’opticien s’en trouverait grandie. « Si la pub disparaît, cela redonnera de la valeur au côté paramédical du métier. On ne passera plus pour des camelots », déclare à notre rédaction Hugues Verdier-Davioud, le président de la "Fédé". « En supprimant la communication commerciale, les messages préventifs en santé visuelle n’en seront que plus visibles et efficaces », veut-il croire. Le porte-voix du syndicat table ainsi sur un recentrage de la profession sur les prestations de santé. Mais répétons-le à nouveau : rien n’est signé pour le moment. Cet arrêté est sur la table, et c’est lors d’une nouvelle réunion, le 20 septembre prochain, qu’une décision définitive devrait probablement être prise. 

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