Règlementation : opticiens "badgés", opticiens (potentiellement) ciblés ?
Une députée francilienne fait état de différents cas pouvant évoquer du cyber-harcèlement et ciblant surtout des opticiennes, dont l’identité est visible sur le badge qu’elles portent en magasins. Faut-il faire évoluer la règlementation pour mieux protéger les salarié.e.s ?
C’est une question écrite publiée au Journal Officiel du 14 juillet et elle est adressée au ministère de la Santé par Anne-Sophie Ronceret, une députée apparentée Ensemble pour la République, élue des Yvelines : « L’article D. 4362-16 du code de la santé publique prévoit aujourd'hui que l'opticien-lunetier est identifié par le port d'un badge signalant son nom, son prénom et son titre professionnel. Or selon les éléments portés à [notre] connaissance, cette obligation soulève des difficultés croissantes sur le terrain, notamment au regard de la protection des salariées. Plusieurs remontées font état de comportements inappropriés de certains clients, pouvant se prolonger en dehors du magasin, en particulier sur les réseaux sociaux ou via des plateformes privées, lorsque l'identité personnelle des professionnelles concernées est rendue facilement accessible ».
Selon les témoignages apparemment recueillis par la parlementaire francilienne, ce sont surtout des opticiennes qui seraient ciblées par des formes de cyber-harcèlement. « Cette situation interroge sur l'équilibre à trouver entre, d'une part, la nécessaire information du patient sur la qualification de la personne qui le prend en charge et, d'autre part, la protection des professionnels, en particulier des femmes, face à d'éventuels comportements intrusifs ou abusifs », estime la députée des Yvelines qui se demande donc si le gouvernement envisage de faire évoluer l'article D. 4362-16 du code de la santé publique « afin de concilier l'information des patients sur la qualification des professionnels qui les prennent en charge et la protection des professionnels de l'optique-lunetterie ».
À l’heure où nous publions ces lignes, le ministère de la Santé n’a pas fait connaître sa réponse sur un sujet qui, de fait, ne touche pas seulement les opticien.nes, loin s’en faut. Cette problématique des discours inappropriés en ligne, pour la plupart anonymes, va bien au-delà des seuls professionnels (para)-médicaux. D’une certaine façon, la prise de parole de cette élue pose en effet une épineuse question de société : comment dissuader et/ou sanctionner efficacement des propos tenus sur le web qui peuvent léser des personnes, quelles qu’elles soient…
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