Paru au Journal officiel du 14 juin, un décret très attendu permet aux opticiens d’intervenir, avec un minimum de conditions exigées, dans les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Certains points pratico-pratiques demandent toutefois à être précisés... 

C’est une avancée attendue depuis longtemps par une partie de la profession. Au terme de quatre ans d’expérimentations régionales observées à la loupe par les pouvoirs publics, un décret permet « à l'opticien-lunetier de se rendre en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, afin de réaliser un examen de la réfraction et délivrer, si besoin, des équipements optiques ». Voilà ce qui est stipulé par un texte publié au Journal officiel en date du 14 juin. Cette disposition actée noir sur blanc vient donc aujourd'hui généraliser un dispositif-test qui semble avoir fait ses preuves pour le gouvernement. Sur place, dans ces établissements qui accueilleraient quelque 600 000 résidents, l’opticien est ainsi autorisé à « réaliser les actes professionnels relevant de sa compétence », mentionne le décret qui indique, par ailleurs, qu’obligation lui est faite, pour chaque intervention, d'adresser « un compte-rendu au patient, au médecin prescripteur, au médecin coordonnateur, et le cas échéant au médecin traitant, par tout moyen garantissant la confidentialité des informations transmises ».

Dans ce nouveau texte, il y a en revanche des angles morts : aucune mention, notamment, de l’aspect prise en charge de ces interventions sur site. Faut-il une cotation spécifique pour cet acte ? Les frais de déplacement des opticiens pourraient-ils - comme dans le cas des infirmi.e.ères par exemple - être remboursés ? Ces points restent à clarifier, et l’on sait que les syndicats d’opticiens travaillent sur ce dossier. Également très importante - car elle conditionne ce schéma d'intervention en Ehpad -, la question se pose aussi de l’accès à la prescription : l’opticien, insistons bien sur ce point, ne peut en effet intervenir au sein des structures que si le patient dispose d’une ordonnance valide. Or il est très compliqué pour un patient diminué physiquement d’aller consulter un ophtalmo hors de sa résidence d'accueil… Bref, s’il agit d’un décret attendu, tout n’est pas pour autant clarifier. 

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