« Quel est le seul endroit au monde où vous ne pouvez pas vendre ces lunettes [les Ray-Ban Display] ? L’Union européenne. Pourquoi ? Parce que la batterie n’est pas amovible », a déclaré Andrew Puzder, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne. On peut s’interroger sur l’esprit tatillon de l’Europe arc-boutée sur des réglementations excessives qui bloquent l’innovation au nom d’un protectionnisme tracassier. Le groupe franco-italien EssilorLuxottica propriétaire de la marque Ray-Ban n’a pas souhaité commenter cette incursion hostile de la part de Bruxelles qui avance deux points précis. 

Le premier point : à partir du 18 février 2027, toutes les appareils portables connectés (montres, lunettes, écouteurs, vêtements...) devront être dotés de batteries « facilement remplaçables par les utilisateurs ». Ce qui est un défi technique pour les petits appareils comme les lunettes dont le poids, l’ergonomie et l’efficacité énergétique vont être profondément modifiés, sans parler du design qui va perdre en fluidité esthétique. 

Le second point, les Ray-Ban Display sont dotées de l’IA qui permet le déploiement de fonctionnalités avancées : affichage de notifications, appels vidéo, itinéraires en temps réel, reconnaissance visuelle, navigation assistée, etc. Or le règlement de l'Union, notamment l'AI Act, entré en vigueur le 1ᵉʳ août 2024, qui vise à garantir que le développement et l'utilisation des produits et productions de l'IA, doit respecter « les droits fondamentaux et les valeurs européennes » : les lunettes connectées ne les respectent pas, dotées d’une caméra portée en permanence sur le visage ; elles sont considérées comme trop intrusives. 

La réglementation européenne entend encadrer les innovations et l’emballement liés à l’intelligence artificielle, un point de vue défendable, à condition de ne pas bloquer un monde en transformation avec des entreprises technologiques qui devront s’autoréguler, sous peine de freiner leur développement. « Rien n’arrête le progrès. Il s’arrête tout seul », a écrit Alexandre Vialatte au siècle dernier. À méditer. 

Pour recevoir les dernières infos, inscrivez-vous à notre newsletter