Vue et audition, "grandes oubliées" de la santé des Français, selon une étude OpinionWay
Selon une étude OpinionWay réalisée en juillet pour le Groupe Afflelou, la vue et l’audition n’apparaissent pas comme des priorités de santé aux yeux des Français. Un paradoxe à l’heure où les parents comme les jeunes ont bien conscience de leurs usages massifs des écrans et des écouteurs…
Cet été, 1 017 parents d’enfants de moins de 18 ans et 1 003 jeunes de 18 à 34 ans ont été sondés dans le cadre d’une étude pilotée par OpinionWay pour le Groupe Afflelou. Au global, les résultats font état d’une négligence certaine des Français en matière de santé visuelle et auditive. Jugez plutôt : à peine 16 % des parents et 15 % des jeunes considèrent que la vue et l’audition sont des priorités de santé. Les uns comme les autres accordent bien plus d’importance à l’alimentation, au sommeil, à l’activité physique ou encore à la santé mentale. « Le paradoxe est frappant, souligne l’enseigne dans la synthèse de cette enquête, puisque 88 % des parents et 89 % des jeunes savent que leurs usages des écrans et des écouteurs peuvent nuire à leurs yeux ou à leurs oreilles, sans pour autant modifier leurs habitudes. » Comment expliquer ce comportement contradictoire ? Le Groupe Afflelou émet une hypothèse : contrairement à la vue et à l’audition, tous les autres domaines précités (ajoutons-y le dentaire et la vaccination) « bénéficient de campagnes de sensibilisation régulières qui influencent les réflexes des Français, ce qui plaide pour une communication bien plus soutenue sur la prévention visuelle et auditive ».
L’étude met aussi en avant le fait que lorsqu’elle est citée comme priorité de santé, ce qui est donc rarement le cas, la vue l’est au moins deux fois plus souvent que l’audition (13 % contre 5 % chez les parents, 12 % contre 5 % chez les jeunes). « Le même écart se retrouve dans les pratiques. 91 % des parents et 94 % des jeunes ont déjà fait contrôler leur vue, contre 75 % et 69 % pour leur audition. Les Français s’estiment aussi moins bien informés sur les signes d’alerte d’un trouble auditif que d’un trouble visuel, et seuls 61 % des parents et 57 % des jeunes connaissent la fréquence recommandée d’un contrôle », peut-on lire dans le compte-rendu de l’enquête. Autrement dit, pour la plupart des gens, le flou demeure encore largement autour de la préservation de leur capital auditif…
OpinionWay s’est également penché sur les freins qui pèsent aussi bien sur l’accès à un dépistage que sur l’accès à un équipement. Ces freins tiennent en trois mots : délais, éloignement, coût. Pour 35 % des parents et 38 % des jeunes, les délais d’attente pour obtenir une consultation chez une professionnel de santé, d'une part, et la difficulté à trouver un professionnel à proximité (34 % et 27 %), d'autre part, ressortent comme obstacles majeurs à des contrôles réguliers (voir ci-dessous). Viennent ensuite des raisons liées au coût du contrôle (18 % des parents, 28 % des jeunes) et celui d’un éventuel équipement (12 % et 19 %). « L’argent pèse néanmoins lourd, commente Afflelou, puisque 30 % des parents et 32 % des jeunes disent avoir renoncé à un contrôle pour raisons financières au cours des trois dernières années ».
Les raisons du renoncement à un contrôle santé visuel ou auditif :

Source : OpinionWay pour le Groupe Afflelou, juillet 2026.
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