Nous dévoilons en exclusivité les éléments d’une étude réalisée cet été par IseeOp sur le thème du remplacement en magasin d’optique. Certains résultats bousculent quelques idées reçues... 

« Le remplacement est un angle mort du secteur de l'optique : tout le monde en parle, personne ne le mesure », estime Romain Lucas, le gérant d’IseeOp, fort de ses dix ans d’expérience à la tête de ce cabinet de recrutement spécialisé dans les domaines de la santé, notamment l’optique et l’audition. D’où l’intérêt de conduire une étude sur ce sujet. Nous vous présentons aujourd’hui - en exclusivité - les grands résultats à retenir. Sachez que nous aurons l’occasion, ces prochains jours, d’approfondir certaines des données de cette enquête inédite à travers différents focus. Pour l’heure, voilà l’essentiel de ce qui ressort de ce sondage réalisé entre le 8 et le 20 juillet 2026, auprès d’une quarantaine de professionnels qui effectuent déjà des remplacements (69 %) mais aussi auprès de ceux qui y pensent sérieusement (31 %). Rapportée à une population estimée à environ 400 opticiens remplaçants en France, cette échantillon représente donc près d'un professionnel concerné sur dix. (Profil des répondants : 87,2 % d'opticiens diplômés, le reste se répartissant entre monteurs-vendeurs, optométristes et audioprothésistes).

EN BREF 

69 % des répondants font déjà des remplacements (voir diagramme ci-dessous). Parmi ceux qui n'en font pas encore, 3 sur 4 envisagent de s'y mettre d'ici trois ans.

L’oeil de Romain Lucas : « Le profil est très majoritairement celui de l'opticien diplômé (plus de 87 % des répondants). Les missions se répartissent presque à parité entre magasins sous enseigne ou franchise (93,1 %) et magasins indépendants (86,2 %). La plupart des remplaçants interviennent dans les deux univers, quelques-uns élargissant vers le cabinet d'ophtalmologie, le centre de santé ou le centre auditif. »

73 % sont arrivés au remplacement après une expérience salariée en magasin (43 %) ou après avoir été gérant ou propriétaire (30 %). Seuls 7 % ont opté pour cette pratique juste après le diplôme.

« Le secteur ne recrute pas des remplaçants faute de mieux : il fait appel à des professionnels qui ont, pour beaucoup, exercé des fonctions de responsabilité et connaissent parfaitement les contraintes d'un point de vente. »

65 % décrivent le remplacement comme un choix assumé, et non comme une solution d'attente.

« Le discours du "remplaçant en transit", qui prendrait des vacations le temps de retrouver un poste fixe, ne correspond qu'à une minorité de la population interrogée. Pour la majorité, le remplacement est une carrière, pas une parenthèse. »

57 % déclarent une rémunération mensuelle nette ou un chiffre d'affaires facturé supérieur à 2 500 euros, dont 30 % au-delà de 3 500 euros.

« Ceux qui déclarent moins de 1 500 euros correspondent à des professionnels qui pratiquent le remplacement en complément d'une autre activité. Ce ne sont pas des remplaçants à temps plein sous-payés. »

50 % citent la difficulté à trouver des missions régulières comme leur principal obstacle - de loin le premier frein du marché.

« Le problème de trouver des missions n'est pas un problème de démarrage : il touche autant les remplaçants installés depuis plus de cinq ans que ceux qui ont moins de six mois de pratique. Il s'agit donc d'une friction structurelle du marché, non d'une difficulté d'entrée. »

62 % arrêteraient le remplacement pour un CDI attractif ; le lien avec le salariat n'est donc pas rompu.

« Cette donnée intéressera directement les employeurs : 61,9 % des remplaçants déclarent qu'un CDI attractif — salaire, conditions, localisation — les ferait arrêter le remplacement. Parmi les autres raisons évoquées qui les inciteraient à arrêter ce mode d'exercice, citons l'ouverture de leur propre magasin (38,1 %), le besoin de stabilité (33,3 %), l'incertitude des revenus (33,3 %), l'absence de protection sociale (28,6 %) et la fatigue des déplacements (19 %). »

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