Dégradations, pillages, voire destructions complètes, certains magasins d’optique ont été le théâtre, ce week-end, de véritables scènes de chaos. Un état des lieux est en cours. 

Rideaux défoncés, vitrines qui volent en éclats, razzias sur les stocks de montures, destructions du mobilier, du matériel informatique et des équipements de l’atelier, voire local en feu… on a tous vu ces images sur nos écrans. Soyons cependant tout à fait francs : journalistiquement parlant, il est impossible, pour l’heure, d’estimer avec précision le nombre d’opticiens plus ou moins touchés par les violences commises ces deux derniers jours. Combien de fermetures forcées après les événements ? Combien d'opticiens vandalisés sur le carreau ? Combien de salariés directement impactés ? Trop tôt pour le dire ; on y verra sans doute plus clair dans la journée ou demain au plus tard.  

Dès hier dimanche, la Fédération du commerce et de la distribution faisait état, au global, de quelque 1 500 commerces concernés, tous domaines confondus. Un chiffre depuis lors réévalué à la hausse, notamment par le réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) qui parle, de son côté, de quelque 2 000 points de vente. Et ce chiffre devrait encore grimper, à mesure que les commerçants déclarent les sinistres auprès de leurs instances syndicales respectives et de leurs assureurs. C’est le cas en optique où « l’heure est aux chiffrages des dégâts », comme l’indique la Fédération nationale des opticiens de France, qui cherche à établir le plus précisément possible « le nombre de magasins concernés et le type de dégâts » occasionnés. 

« La filière est une nouvelle fois sévèrement concernée du fait de la facilité de transport, revente et non traçabilité des montures », déplorait hier Hugues Verdier-Davioud, dans un poste sur Linkedin. « Je ne crois pas que les opticiens étaient visés. Ce qui comptait, c'était de casser. Entrer, voler, puis tout détruire », constate avec une grande tristesse Jean-François Porte, le président du Rassemblement des Opticiens de France, également sur ce même réseau social. Sa publication accompagne des photos (ci-dessous) de l’un de ses propres magasins à Tours, qui a été pillé de fond en comble avant d’être incendié… 

À ce stade, donc, la FNOF comme le ROF attendent d’avoir plus d’éléments pour tirer un premier bilan chiffré de la situation. L’Association des optométristes de France collecte elle aussi, de son côté, via un formulaire en ligne, les éventuels préjudices subis par les uns et les autres, un peu partout en France. S’il est encore trop tôt pour dénombrer les impacts sur la profession, rappelons pour mémoire que lors des dernières émeutes d’ampleur en France, celles de l’été 2023, plus de 200 boutiques à travers le pays avaient été ciblées d’une façon ou d’une autre. 

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