En vue des prochaines échéances électorales, la filière se mobilise de tous côtés
La séquence électorale de 2027 est d'ores et déjà bien en vue, avec, au sein de la filière, plusieurs initiatives qui visent à faire de la santé visuelle un sujet prioritaire de santé publique. Et ambitionnent de renforcer le rôle et la place de l’opticien dans un écosystème dont le maître-mot est : prévention.
L'agenda électoral de 2027 est déjà bel et bien dans toutes les têtes. En témoignent les différentes actions dévoilées ces jours-ci, au Silmo, à l’initiative des instances représentatives de la filière. Le salon parisien en a en effet été la rampe de lancement à travers plusieurs interventions et tables-rondes. Du côté des industriels et des fabricants, réunis au sein du GIFO, la publication d’un Livre Blanc a vocation à placer au coeur du débat public la santé visuelle. Ce document contient 17 propositions qui sont de nature, selon l’organisation syndicale présidée par Prûne Marre (par ailleurs directrice générale d’Essilor France), à faire émerger « une stratégie nationale dédiée à cet enjeu majeur de santé publique ». Comme son titre l’indique, Mieux prévenir, mieux voir, mieux vivre, ce Livre Blanc est un projet concret en faveur du renforcement de la prévention, du dépistage et de l’amélioration de l’accès aux soins visuels tout au long de la vie. Autant d’axes qui pourraient, demain, « structurer une véritable politique de santé visuelle nationale », selon le voeu du GIFO. À l’approche des prochaines échéances présidentielles mais aussi législatives, ce document d’orientation entend donc apporter une contribution au débat public pour anticiper les besoins visuels grandissants (myopie, fatigue numérique, basse vision...) auxquels la société va devoir faire face à l’avenir.
Les syndicats d’opticiens ont également profité du Silmo pour rendre publique un plaidoyer intitulé Pour une nouvelle santé visuelle. Trois organisations en sont à l’origine : le Rassemblement des Opticiens de France (ROF), l’Association des optométristes de France (AOF) et le Syndicat national des centres d’optique mutualistes (SYNOM). Là encore, en vue du prochain quinquennat et de la législature à venir, il s’agit de mettre sur la table cinq propositions qui se veulent « construites autour des besoins réels du patient », de l’enfance au grand âge, comme l’a expliqué lors du Silmo Jean-François Porte, le président du ROF, en présence de ses homologues, Arthurs Havis pour le SYNOM et Thibaud Thaëron pour l’AOF. Convaincu que la densité nationale du maillage optique est un atout-maître dans une perspective de prévention systémique, le trio défend une même méthode pour mieux valoriser, demain, les compétences de l’opticien sur le terrain : « Il faut territorialiser, coopérer, protocoliser ». L’idée, en clair, « c’est d’optimiser au mieux le rôle de l’opticien dans une approche pragmatique et coordonnée avec les autres professionnels de la vision », résume Thibaud Thaëron, enthousiasmé par cette plateforme commune qui a tout, à ses yeux, d’un « manifeste réaliste ». Les promoteurs de ce plaidoyer espèrent maintenant que les opticiens eux-mêmes se l’approprieront pour s’en faire l’écho auprès, notamment, de leurs élus locaux.
La Fédération nationale des opticiens de France n’est pas partie prenante, pour sa part, de cette initiative intersyndicale. Elle finalise de son côté, en ce moment même, la mise au point d’un document de travail qui prônera, selon nos informations, le renforcement du rôle de l’opticien comme professionnel de santé-pivot sur les territoires, et ce dans une approche globale et de long terme. « Il s’agit de voir loin et d’ancrer durablement l’opticien dans ce rôle-clé de santé, bien au-delà de la seule délivrance des équipements optiques, et notamment sur la base d'une formation étendue et densifiée mais aussi via le recours à des délégations de tâches », nous confie Hugues Verdier-Davioud, le patron de la "Fédé", qui n’en dira pas plus à ce stade. On devrait pouvoir prendre connaissance de ce document dans les prochaines semaines. Bref, on l’aura compris, à travers ces premières actions déjà présentées et d’autres encore à venir, la filière entre en campagne, bien décidée à se faire entendre - et bien voir - des pouvoirs publics.

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