Conclusions des Assises de la télémédecine : des avancées pour l’optique ?
Les Assises nationales de la télémédecine ont rendu leur copie en début de semaine et, s’agissant de la filière visuelle, il n’y a pas vraiment d’avancée règlementaire concrète…
Tuons le suspens tout de suite : la restitution, lundi matin, des travaux des Assises nationales de la télémédecine - qui se sont déroulées en plusieurs rencontres ces derniers mois - nous laisse sur notre faim. Affichant un évident volontarisme, les conclusions de cette expérience de concertation ne débouchent toutefois pas sur la clarification règlementaire que beaucoup d’opticiens, et plus généralement d’acteurs du secteur, attendent depuis un certain temps. Tous domaines confondus, « la télémédecine ouvre de vraies perspectives pour mieux suivre les patients et mieux coordonner les soins. Elle doit être pleinement déployée dans une logique de qualité de soins, de territorialisation et de service rendu à ceux qui en ont le plus besoin ». Ce message général, lancé par la ministre de la Santé Stephanie Rist qui réaffirme ainsi les grandes lignes de sa position sur le sujet, est censé sous-tendre une feuille de route 2026-2028 qui ambitionne, en résumé, de renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours des patients.
Dans le cas précis de la filière visuelle (c'est vrai aussi de l'audition), on a en revanche l’impression que les pouvoirs publics bottent en touche à propos des conditions d’installation des cabines ou de certaines pratiques de téléexpertise (que dénonce toujours le syndicat des ophtalmologistes, et encore tout récemment en marge de la présentation du prochain congrès de la SFO). Or là-dessus, la synthèse des Assises reste dans le flou et la déclaration de principe. Pour être précis, dans le bilan des travaux des Assises il est certes question à un moment de « limiter les dérives en encadrant davantage les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation », mais c’est pour mieux renvoyer aux recommandations de la HAS de… 2024. Autant la ministre admet que certaines pratiques devront être « questionnées ou interrompues », autant, sur ce volet, aucune mesure concrète n’a été formellement annoncée. Ni le ministère ni la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) n’apportent, pour l’heure, de précisions.
Dans l’immédiat, si la ministre constate « l’émergence de pratiques hétérogènes en matière de qualité et de pertinence, contribuant à entretenir une forme de méfiance au sein de l’écosystème », la prise de décision pour normaliser lesdites pratiques est donc, de fait, ajournée… sans précisions sur le calendrier. Réagissant à la publication des conclusions des Assises, le Rassemblement des opticiens de France dit appeler de ses voeux « un cadre juridique et organisationnel adapté à la filière visuelle ». Quant au Syndicat national des ophtalmologistes, il attend qu’« un travail sérieux [soit] engagé dans les prochains mois sur ces sujets essentiels ».
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