Myopie : peut-on prédire la réponse d'un enfant aux verres de freination ?
Sur la base de nouvelles conclusions cliniques, le Pr Leveziel du CHU de Poitiers montre qu’en identifiant très tôt les profils d’enfants les plus susceptibles de voir leur myopie progresser, une prise en charge davantage personnalisée est possible. Les solutions thérapeutiques, dont les verres, n’en seraient alors que plus efficaces.
Plus le Pr Nicolas Leveziel, chef du service d'ophtalmologie du CHU de Poitiers, travaille sur les données anonymisées fournies par Krys Group dans le cadre d’un partenariat, plus ses recherches avancent. Et vite : après avoir confirmé l’âge comme un facteur déterminant dans la progression de la myopie (2018) et prouvé l'importance du dépistage précoce en révélant le rôle clé de l'âge (2021), puis documenté la poursuite de la maladie à l'adolescence (2022) et l'efficacité globale des verres de freination chez les 4-15 ans (2025), voilà qu’il publie aujourd'hui ses dernières avancées dans la revue internationale BMJ Open Ophthalmology. Menée auprès de 723 enfants suivis sur plusieurs années, son étude « démontre pour la première fois qu'il est possible de prédire la réponse d'un enfant aux verres de freination et d'identifier dès le départ les profils nécessitant une combinaison de traitements », peut-on lire dans la synthèse des résultats que Krys Group nous a adressée.
Concrètement, le chercheur et ses équipes se sont attachés à comprendre les facteurs qui conditionnent l'efficacité des dispositifs en conditions réelles, à travers cette cohorte de plusieurs centaines d’enfants âgés de 4 à 14 ans suivis sur 24 à 36 mois. « Grâce à une modélisation statistique avancée, ils ont pu identifier trois trajectoires distinctes de progression de la myopie : stabilisation (-0,05 D/an), progression modérée (-0,31D/an) et progression persistante (-0,58 D/an en moyenne). Les résultats démontrent que les verres de freination - de technologies DIMS ou HAL - sont très efficaces dans plus de 91 % des cas (49,8 % des enfants traités avaient une progression moyenne de moins de 0,25D à 3 ans environ et 41,9 % des enfants avaient une évolution moyenne inférieure à 1D à 3 ans). En revanche, 8,3 % des enfants présentent une progression rapide de 1,8D à 3 ans, et pour eux, les verres seuls ne sont pas suffisants », détaille le compte-rendu de cette étude.
Ces constats à l’appui, cela signifie que la prise en charge clinique peut et doit désormais « s’adapter directement au profil de progression de chaque enfant ». Autrement dit, chez les enfants dont la myopie progresse de moins de 1D/an sans autre facteur de risque, le traitement par les verres de freination DIMS et HAL, permettrait souvent de contrôler efficacement l’évolution de la myopie. En revanche, pour les enfants dont la myopie augmente plus de 1D/an avant la mise en place d’une solution freinatrice, « l’utilisation en première intention des verres de nouvelle génération (Miyosmart IQ et Stellest 2.0) ou un traitement combinant les verres freinateurs classiques à un traitement par collyre à l'atropine à faible concentration, pourraient être recommandés. »
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